PRÉSENTATION

Cette Auteure Varoise nostalgique, nous autorise à plonger dans l’univers de sa famille et des maquisards pendant la Seconde Guerre Mondiale, dans le Haut Var.

INTERVIEW

– Bonjour Martine, afin de mieux vous connaitre, pouvez-vous vous présenter ?

Italienne de souche je suis née dans ce Haut-Var proche des Gorges du Verdon, pays d’adoption de ma famille italienne toscane venue en 1926 s’y installer, pays où je suis née et cher à mon cœur ; fonctionnaire aux PTT à l’époque, j’ai fait ma carrière sur Paris puis la région de Marseille ; je suis désormais à la retraite dans les Bouches-du-Rhône mais je reviens régulièrement dans mon petit village d’Aups.

– Vouliez-vous devenir écrivaine quand vous étiez petite ?

Non, je n’y avais pas songé, j’ai toujours eu la plume facile comme on dit, j’ai fait des études en section Littéraire-Philosophie ; bien plus tard, avec le recul d’une carrière professionnelle bien remplie et les péripéties de la vie, le savoir d’où l’on vient, les racines, la généalogie, la quête de la famille, la vie et l’histoire de ce village que j’aime tant m’ont taraudée – j’avais au fond de moi une envie d’écrire et de faire connaître la vie de ces exilés politiques sur fond d’histoire de famille, une vie hors du commun, me semble-t-il. J’ai beaucoup d’admiration pour ce grand-père italien si secret et parti trop tôt. J’avais cette soif d’en savoir plus également sur l’ histoire du village écrite dans le sang bien souvent, que ce soit celle des Républicains de 1851 – Aups était la capitale du Var rouge – mais surtout le maquis du village et le Camp Robert, peu mentionnés dans les livres ou documents de cette période, ainsi que le chantier forestier le Pelenq entre Moissac et Régusse ; et par là même, la vie des villageois que j’ai connus, leur implication dans cette guerre, certains d’ailleurs ont leur nom au fronton des monuments aux morts dont CIOFI Rosette, une proche cousine de la famille.

– Avez-vous d’autres passions que l’écriture ?

Je collectionne des flacons de parfum du début du siècle jusqu’aux années 1950, la nostalgie sûrement de ces années où la France était un pays de grands parfumeurs, de grands verriers aussi et dont chaque flacon est un chef-d’œuvre de cristal et de beauté.
Je prends des cours de chant pour le plaisir et la joie que cela m’apporte.
Revenir au Pays et marcher dans la campagne de mon enfance est également un vrai bonheur.

– Pourquoi avoir écrit ce livre ? – Avez-vous voulu faire passer un message ou simplement raconter une histoire ?

J’ai voulu certes raconter l ‘histoire de ma famille durant la 2e Guerre mondiale au Pays, la suite de mon premier livre, mais pas que cela ; cette époque troublée ainsi que l’implication de la population implique pour moi un devoir de mémoire qu’on a, à mon avis, un peu trop oublié ; j’en veux pour preuve qu’il n’existe plus d’association d’Anciens Combattants au pays, on ne va plus en pèlerinage auprès des stèles de commémoration qui jalonnent les routes du Haut-Var… Heureusement, certains jeunes reprennent le flambeau dans des associations qui s’intéressent à la Libération de la Provence et à la Résistance comme celles de Salernes et La Motte. Mon livre rend hommage à tous ces combattants connus ou inconnus, Français ou Etrangers qui ont lutté contre les envahisseurs du Pays mais également pour leur liberté, toutes les libertés .

– Pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre livre ?

Mon livre commence à Ouarzazate où mon grand-père Martin est soldat dans la Légion étrangère – j’explique comment lui, émigré politique italien, s’est retrouvé là, loin des siens et de son pays; la guerre est aux portes de la France, avec son lot de misère mais aussi d’exactions contre les minorités étrangères ; je parle de la présence des Italiens dans le Haut-Var puis des Allemands, quand le pays est envahi par l’ennemi, la constitution des premiers maquis avec les réfractaires au travail obligatoire en Allemagne – le STO – et les planques pour les étrangers de tous horizons, bien souvent les communistes ou les antinazis, comme le chantier forestier le Pelenq ; puis l’engagement des jeunes maquisards dans le régiment des Maures de la 1re Armée de de Lattre de Tassigny après la dissolution des Maquis ; tout cela à travers les souvenirs de mon père Brunero – Gaétan dans le livre – de mon grand-père Martin et des figures de la Résistance locale.

– D’où vient votre inspiration et votre envie d’écrire ?

En fait, j’ai peu d’imagination mais j’aime beaucoup m’informer, savoir, découvrir ; d’aussi loin que je m’en souvienne, dès que j’ai su lire, j’éprouvais beaucoup de plaisir à me plonger dans les livres d’abord de la collection bibliothèque rose, verte puis tant d’autres… Je suis plus un rat de bibliothèque tourné vers la recherche d’informations, la soif de connaissance, la lecture comme source d’évasion aussi ; mon inspiration vient du vécu plutôt que de l’imaginaire.

– Qu’éprouvez-vous avant la sortie de votre roman ?

Je suis heureuse d’avoir mené à terme l’histoire que je narre dans ce livre, beaucoup d’émotion également de parler de ces gens – dont ma famille – qui ont vécu tant d’évènements dans le village et dans les maquis – Aups a reçu la croix de guerre avec palme pour le combat de ses enfants et tous les autres, contre l’ennemi et pour leur liberté. Fière aussi de les faire exister à nouveau à travers mon livre car il me semble que je leur ai redonné vie et repoussé ainsi l’oubli de nos mémoires. Aucun livre local ne parle, ou si peu, de cette époque sur le village, des événements, des anecdotes vécus par la population elle-même ; les anciens savent mais c’est plus une transmission orale, anciens qui aujourd’hui ont presque tous disparu et, avec eux, tout ce passé qui pourtant fait aussi notre avenir.

 

Merci Martine de vous être confiée à nous. Nous retrouverons «AU PIED DES CUGUYONS» très prochainement en vente sur notre site.